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Père-fils : les meilleurs ennemis

Père-fils : les meilleurs ennemis
Shutterstock

Le rôle d’un père dans la vie d’un fils est crucial. Mais leur relation est loin d’être simple. Des conflits semblent inévitables pour la construction d’une relation harmonieuse.

Les psychologues du développement soutiennent le rôle fondamental du père dans l’éducation du fils. Sa place est déterminante pour son équilibre psychologique. En effet, le père s’annonce dans la vie de l’enfant comme le garant de la protection et de la sécurité affective. C’est un partenaire structurant dans les étapes importantes de son développement. C’est, par exemple, à travers des activités et loisirs partagés que le père transmet des valeurs et des savoirs. La figure paternelle doit amener l’enfant à apprivoiser le monde qui l’entoure.

Papa poule

Le père possède aussi un rôle de « tiers séparateur ». « Le père différencie l’enfant de la mère et introduit une distance entre la mère et l’enfant », explique le psychanalyste Moussa Nabati. À la dyade mère-enfant s’impose aujourd’hui le triangle mère-enfant-père. Les pères s’impliquent davantage dans la petite enfance et dans les soins apportés au nouveau-né. Et c’est tant mieux pour l’enfant ! On parle de « fonction paternelle » : « Le père s’est adouci. Il est devenu un papa poule, plus proche des valeurs féminines. » Enfin, c’est le père qui donne souvent le patronyme, point de « re-père » essentiel d’autant plus symbolique pour un fils (héritier du nom). Le père est aussi symbole de puissance et d’autorité. Bien souvent, le fils est en admiration devant lui. C’est le modèle par excellence, celui qui ordonne les règles et les limites à ne pas dépasser. Enfin, le père a une place de chef de famille avec des responsabilités et des devoirs.

Je t’aime, moi non plus

Je t’aime, moi non plus père enfant anform magazine

Vers l’âge de 3 ans, un sentiment de rivalité apparaît à travers le complexe d’Œdipe défini par Sigmund Freud. Le garçon reconnaît son père comme un rival car il a l’impression qu’il lui vole sa mère adorée. C’est une phase pendant laquelle le fils se met à rejeter son père. Autrement dit, il entre en compétition avec lui. Les pères le vivent souvent assez mal. Rassurez-vous, cette étape ne dure qu’un temps. C’est même une phase nécessaire qui annonce que le père joue bien son rôle. En fait, le fils a besoin de se confronter à son père. C’est une pulsion qui pousse l’enfant à se battre et à grandir. Les enfants ont besoin de se heurter aux parents pour s’affirmer, se développer.

Comme papa !

Dans la suite de leur relation s’opèrera « l’effet miroir ». Le fils imite le comportement du père, s’identifie à lui. C’est grâce au mimétisme que l’enfant apprend, en faisant « comme papa ». Les garçons ont besoin de modèle pour s’épanouir et grandir. La présence du père sera déterminante pour leur confiance en eux. Ils ont besoin d’être accompagnés dans « les rites de passage » comme les anniversaires, les compétitions sportives, les examens… La rivalité peut se rejouer vers l’adolescence car pour devenir un homme, le fils a besoin de faire mieux que son père, de le dépasser ! Il recherche en réalité l’admiration et la fierté de son père comme pour valider que ce qu’il fait est bien.

D’homme à homme

père complice bricolage activité ensemble magazine anform

Un père complice, c’est celui qui consacre du temps à son fils pour jouer. C’est celui qui tente de lui témoigner son amour. Un père et un fils se disent je t’aime par les actes. En regardant un match de foot ou en bricolant ensemble. Très souvent, les mots manquent par pudeur. La complicité s’installe dans le partage d’activités ou de loisirs, des « sorties entre garçons ». Le père peut aussi devenir un conseiller ou un confident pour son fils. Il a souvent l’image d’un héros. « C’est papa le plus fort. C’est lui le meilleur. » Il est important pour le fils d’idéaliser son père car la vision positive d’un père est un ancrage dans la représentation de soi.

Un homme comme un autre

Cependant, le fils devra aussi accepter que son père puisse avoir des faiblesses et des défauts. Il apprendra à le considérer comme une personne qui a eu sa propre histoire et non plus comme un super-héros. Le secret d’une relation épanouie sera d’être dans l’acceptation réciproque des différences de caractère et de personnalité. C’est cette ambivalence entre rivalité et complicité qui fait de la relation père/fils une relation complexe. Le fils idéalise son père au point d’avoir le cran de se confronter à lui. Il rivalise avec lui pour enfin accepter d’être son allié, accepter une relation plus apaisée « d’homme à homme ». Un fils a besoin de lire l’admiration dans le regard de son père. Le père a lui aussi besoin de la reconnaissance de son fils, de savoir qu’il a été un bon père.

Papaoutai ?

Comment se construire sans lui ? L’absence d’un père engendre des carences affectives ayant des répercussions sur l’équilibre psychologique de l’enfant et donc de l’adulte en devenir. Intolérance à l’autorité, insécurité affective, manque de représentations des valeurs masculines, image de soi négative… Peut-on compenser ces carences par un « remplaçant » ou un « père de substitution » comme un parrain, un oncle ou un beau-père ? Il est évident qu’avec les divorces, les parents isolés, l’adoption, la parentalité des couples homosexuels, les théories développementales évoluent. Les psychologues restent prudents sur ces nouveaux questionnements. Les facteurs les plus importants pour le bien-être d’un enfant sont le sentiment de se sentir aimé et le besoin de sécurité. L’enfant est un être résilient qui tentera de combler ses failles à travers son entourage. Il peut recréer un sentiment de sécurité ou d’appartenance en se rapprochant d’un autre modèle masculin qui sera un socle identitaire solide et fiable. Une blessure narcissique ou affective peut aussi cicatriser en créant soi-même sa famille. Par exemple, en devenant père et en décidant de ne pas reproduire le même schéma.

Par Mandy Coubard, psychologue clinicienne

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