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La danse pour s’épanouir à l’école

La danse pour s'épanouir à l'école
Projet ‘CORPOS’ Cie la MANGROVE avec Hubert Petit-Phar et Augusto Soledad, chorégraphes

Et si pour faire jaillir les mots, on se servait de la danse ? Et si pour faire parler son corps, on utilisait la poésie ? Une incroyable aventure et une mixité des arts initiées voilà 17 ans en Guadeloupe par deux enseignantes, l’une de français, l’autre d’EPS.

Comment ça a commencé ?

Julie Tricard est enseignante en lettres modernes au collège Macal de Saint-François (Guadeloupe). Elle est aussi référente d’un projet artistique et culturel et obtient en 2022 la certification danse. Christine Top, elle, est professeure d’EPS dans ce même collège, et désormais à la retraite. C’est elle qui a initié ce projet à une époque où personne ne percevait l’importance d’un projet collectif autour de l’art. 

Un dispositif dans lequel l’art, notamment la danse, s’associant à la littérature, est perçu comme un véritable vecteur de réussite. « J’ai d’abord lancé un projet autour de la danse. Et, très vite, j’ai perçu l’intérêt de l’associer à la culture en utilisant les classes à PAC », explique Christine. Ces classes à Projet Artistique et Culturel s’intègrent dans les programmes et les horaires habituels de la classe. Et le lien culturel est alors mis au service de l’enseignement.

Comment ça marche ?

La rencontre entre les deux enseignantes se matérialise en 2006. Il y a alors une seule classe à PAC de 6e au collège Macal. Les deux femmes se la partagent et trouvent un thème commun : 

« Unis par la danse dans la diversité. »

Ensuite, tout au long de l’année, des chorégraphes et des artistes viennent accompagner la classe. Pour maintenir l’équilibre, ils interviennent tantôt en cours de français, tantôt en cours d’EPS. Ces classes à PAC danse sont d’ailleurs les seules du département.

Quel niveau de danse ?

Les profils des élèves sont très différents. « Pas de niveau de danse exigé, explique Christine, juste l’envie de bouger et d’accepter ce qu’on leur propose en essayant aussi d’impliquer les parents. »

Atelier avec Jean-Claude BARDU pour la Classe à Horaires Aménagés Danse (CHAD)
Atelier avec Jean-Claude BARDU pour la Classe à Horaires Aménagés Danse (CHAD)

Mais le cœur même du projet, c’est bien cette passerelle imaginée entre les écritures plurielles. C’est-à-dire celles de la littérature, de la poésie, de la danse et de toutes formes de langage du corps. Le thème de 2022, Du geste à la plume, résume parfaitement le concept. « Nous avons mis en place au sein de l’établissement, une pédagogie autour de la culture contemporaine où l’élève est acteur », poursuit Julie.

En effet, par le passé, seules les classes de 6e pouvaient bénéficier de cette stratégie à PAC, mais depuis, la réforme a fait des émules et ce sont aujourd’hui tous les niveaux jusqu’à la 3e qui sont concernés. Et il est même possible de rajouter 5 h de danse en option.

Quels bénéfices ?

Le cœur de ce projet, c’est de toucher l’enfant qui se cache derrière l’élève.

« Nous conservons notre posture d’enseignant, mais ces activités autour de la danse les aident à mettre des mots sur ce qu’ils ressentent. Certains auront besoin des 4 années pour se libérer le corps et/ou l’écriture. »

Performance dansee
Performance dansée

Le lexique s’enrichit. Les extravertis se canalisent. Des enfants autistes se concentrent. L’actuelle principale du collège, Dinah Césarus, a très bien perçu tout l’intérêt de cet ambitieux projet, le soutient et le légitime vis-à-vis de la communauté. Le parcours est solidement ancré dans un partenariat entre le pôle ressource Correspon’danse, la Direction des affaires culturelles et le Rectorat.

« Nous avons épluché tous les textes institutionnels. Un travail de fourmi. Mais c’est le prix de la liberté et de l’innovation pédagogique ! » Un défi pas toujours simple dans des classes très éclectiques qui nécessitent à la fois bienveillance et exigence.

Zoom sur l’association Correspon’danse

Correspon’danse est devenue Pôle ressource au niveau académique. « Il y a 3 ans, on a beaucoup travaillé avec la compagnie de la Mangrove et aujourd’hui avec le collectif Hedo mais aussi avec d’autres partenaires locaux, ou même en dehors de notre territoire », précise Robert Top, le président. L’association entretient de manière constante une médiation culturelle avec les 50 classes à PAC du Nord Grande-Terre et accompagne les enseignants vers l’éducation artistique.

« C’est aussi pour l’association le pari de fédérer des jeunes dans les pratiques amateurs et d’en insérer d’autres au parcours chaotique, par exemple en réalisant leur service civique et professionnel autour d’une compagnie de danse où l’on parle création artistique, production, mise en scène, chorégraphie… »

Par Marie-France Grugeaux

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