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Plantes mellifères de la Martinique

Plantes mellifères de la Martinique
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Glycéria, ti-baume, savonnette, palétuvier, acomat… Les plantes mellifères donnent à nos miels une saveur authentique très appréciée localement et outre-Atlantique !

Le glicérya (Gliricidia sepium-Lotoïdées)

Le glicérya (Gliricidia sepium-Lotoïdées)

Appelé glisérya aux Antilles, cet arbre est originaired’Amérique centrale et du sud. Il est planté le long des haies de séparation des parcelles ou pour produire du fourrage aux animaux. Chez nous, l’arbre fleurit dès le mois de janvier, jusqu’en avril. Sa floraison, qui annonce la saison sèche, est spectaculaire lorsque l’arbre est planté en alignement. Ses fleurs disposées en racèmes (grappes) sont tachetées de blanc, de rose, de mauve et de rouge. Elles peuvent être utilisées pour la fabrication de sirops, confitures et beignets.

→ Le miel de glicérya. C’est le premier à être récolté dans l’année. Les abeilles, très friandes du nectar des fleurs produisent un miel transparent et épais car pauvre en eau. Il est léger en bouche et certains l’appellent à tort « miel d’acacia ».

Plantes mellifères de la Martinique

Du nectar au miel

C’est à partir du nectar des fleurs, du miellat de certains insectes dont les pucerons ou des sécrétions sucrées de plantes que les abeilles fabriquent le miel. Ce processus débute par l’intervention d’abeilles spécialisées appelées « éclaireuses » qui ont pour mission d’aller prospecter les zones riches en fleurs et en nectar. Elles informent ensuite les « butineuses » de leurs trouvailles par une danse singulière qui code une direction pouvant aller jusqu’à 5 km ! Les « butineuses » s’envolent pour visiter chaque fleur afin de prélever le nectar qu’elles stockent dans leur jabot. De retour à la ruche, elles régurgitent ce nectar, qui n’est rien d’autre qu’une eau sucrée, dans la bouche des abeilles appelées « chimistes ». Ce va-et-vient incessant entre leurs trompes et leurs jabots réduira l’eau. De plus, après chaque régurgitation d’une abeille à l’autre, ce nectar se mélange à leur salive, aux sucs digestifs et à une enzyme, l’invertase. Ceci achève le processus, en réduisant le nectar de près de 80 % de son eau pour former le miel qui est déversé dans les alvéoles. Alors interviennent les « intendantes » chargées de sceller ces alvéoles à l’aide d’opercules de cire. Enfin, les « ventileuses » entrent en scène afin de garder une température constante autour de 35 °C dans la ruche par leurs battements d’ailes qui jouent le rôle de ventilateur ! Cette ventilation a aussi pour but de déshydrater de nouveau le miel. Il faudra aux abeilles près de 50 000 vols pour fabriquer 1 kg de miel, sachant qu’une butineuse ramène environ 40 mg de nectar après chaque envolée !

Le ti-baume (Croton flavens - Euphorbiacées)

Le ti-baume (Croton flavens - Euphorbiacées)

Très présent dans les zones sèches du sud de la Martinique, le ti-baume produit de petites grappes de fleurs blanches qui exhalent, en fin de journée, un parfum de miel. C’est le cousin des crotons ornementaux aux feuillages colorés des jardins antillais. Ses fleurs se présentent en épis blancs à jaunâtres, souvent recourbés et parfumés. La floraison a lieu presque toute l’année, surtout d’avril à septembre et en mars et décembre.

→ Le miel ti-baume. Très réputé, ce miel a une robe de couleur ambrée. Il est corsé, aromatique et sa saveur est persistante en bouche. Un miel très apprécié des connaisseurs et à consommer rapidement, car il fermente très vite.

Les arbres de la mangrove

arbre de la mangrove

La mangrove est une zone tampon entre la mer et la terre. Elle abrite, entre autres, quatre plantes mellifères inféodées à son milieu. De la mer vers l’intérieur des terres, on rencontre : le palétuvier rouge (Rhizophora mangle -Rhizophoracées), le palétuvier noir (Avicennia germinans – Acanthacées), le palétuvier gris (Conocarpus erectus – Combrétacées)et le palétuvier blanc (Laguncularia racemosa – Combrétacées). Le palétuvier rouge, le plus remarquable et le plus connu des arbres de la mangrove, pousse au premier rang de la zone de balancement des marées. La silhouette élégante de ses racines-échasses semble flotter sur l’eau. La floraison a lieu toute l’année, et la fleur très discrète, comporte un calice jaune pâle virant au vert à maturité et quatre sépales à bords frangés.

→ Le miel de palétuvier. C’est un miel clair, blond doré, frais, fleuri et qui cristallise rapidement car en sursaturation de glucose. Certains connaisseurs dénotent en lui une saveur légèrement salée en fin de bouche.

La savonnette bois (Lonchocarpus punctatus - Lontoïdées)

Lonchocarpus punctatus bois-savonette

Ce grand arbre est connu aux Antilles sous le nom de « bois savonnette ». Couramment, on distingue la « savonnette rivière » qui pousse au bord des rivières et la « savonnette des terres ». La floraison de la savonnette des terres, qui a lieu de juin à octobre, ne passe guère inaperçue, car les longues grappes de fleurs rose-mauve se détachent de leur feuillage vert clair. Les fleurs sont disposées sur un racème court de 20 cm.

→ Le miel de savonnette bois. Ce miel est d’un jaune clair, tantôt épais, tantôt plus léger en fonction du taux d’humidité qu’il contient. C’est un miel doux, très légèrement acide.

Le bois de campêche (Haematoxylum campechianum – Caesalpiniacées)

Le bois de campêche (Haematoxylum campechianum – Caesalpiniacées)

Le campêche ou bois de campêche tire son nom du port mexicain de Campêche d’où l’on embarquait, au 17ᵉ siècle, les bois de teinture pour l’exportation. En effet, les teintures à base de bois de campêche ont une palette de couleurs extrêmement variées, allant du lilas, au mauve, au gris, au bleu, au noir ou au rouge. À l’île Maurice, ses fleurs sont utilisées en infusion contre les problèmes bronchiques. L’espèce est commune aux Antilles, et les fleurs, de couleur jaune clair, sont regroupées en racèmes semblables à des écouvillons. Dès janvier, les fleurs, très odorantes, attirent les abeilles qui transformeront leur nectar en un miel unique.

→ Le miel de campêche. En saison sèche, la magnifique floraison du campêche ne passe pas inaperçue. Le bourdonnement des abeilles qui le visitent montre leur intérêt particulier pour son nectar qui produira un miel à la couleur « whisky », épais et d’une saveur plus prononcée que le glycéria. C’est un des miels les plus appréciés en Martinique.

Le saint-sacrement (Heliocarpus donnell-smithii -Tiliacées)

Le saint-sacrement (Heliocarpus donnell-smithii -Tiliacées)

Sur les flancs de la Montagne Pelée, entre les communes de Saint-Pierre et du Prêcheur, pousse le saint-sacrement de la famille du tilleul. Dans la Caraïbe, on ne retrouve cet arbre qu’en Martinique. Des graines de la plante ont été ramenées par un prêtre du Mexique qui les a introduites au jardin botanique situé anciennement à Saint-Pierre. Le début de la floraison a lieu généralement au mois de janvier, et le miel est toujours récolté durant la période Pascale. L’origine du nom vernaculaire (nom commun) de la plante est probablement liée à la forme de la graine qui évoque l’ostensoir placé sur les autels de la chrétienté.

→ Le miel de saint-sacrement. C’est le premier miel de la saison avec le glycéria. De janvier à mars, les contreforts de la Montagne Pelée se couvrent d’un manteau de fleurs vert-jaune qui vire au pourpre après la montée du nectar. Très peu connu, ce miel clair a une robe or et une texture épaisse. À la dégustation, il est doux et unique par sa saveur.

L’acomat (Homalium racemosum – Salicacées)

Homalium racemosum acomat fleur

L’acomat est un arbre qui produit de longues grappes de fleurs blanc-verdâtre très décoratives et pouvant évoquer une orchidée.

→ Le miel d’acomat. Très peu de gens connaissent ce miel récolté surtout sur la côte nord Caraïbe. Il est unique par sa robe foncée, sa texture épaisse et son goût très fort en bouche. Son parfum puissant et très désagréable peut repousser certains !

Le bois rouge (Coccoloba swartzii – Polygonacées)

Le bois rouge (Coccoloba swartzii – Polygonacées)

Le bois rouge est appelé également « raisinier rouge » et appartient à la même famille que le raisinier bord de mer (Coccoloba uvifera). La floraison s’étend de septembre à novembre et est très aléatoire, ce qui a pour effet de priver les abeilles du nectar de ses fleurs.

→ Le miel de bois rouge. Ce miel, encore plus rare que celui de saint-sacrement, est peu connu du public et est récolté généralement tous les 3 ans. Il est original par sa couleur verdâtre et son goût de bonbon. Malheureusement, il fermente et cristallise très vite.

Miels disparus

D’autres miels polyfloraux moins connus complètent la palette des saveurs à dominante de mahogany, de lépini ou encore de pois doux… D’autres encore ont disparu, comme le miel d’avocatier, autrefois une spécialité du Prêcheur. En subissant la maltraitance écologique, les abeilles se meurent peu à peu et c’est la production fruitière et légumière qui s’amenuise. L’Adamar (Association de développement de l’apiculture martiniquaise) œuvre pour la protection des habitats, la labélisation des miels locaux et l’information auprès des jeunes publics. Un espoir pour la survie des abeilles !

Remerciements très chaleureux à Philippe Ruster, apiculteur dans le nord Caraïbe « Miel Alimaya », Alain Salomon, apiculteur à Sainte-Luce «Miel Salomon », William Patrick, apiculteur au Diamant « Mouchanmyèl ».

Par Hilaire Annonay, botaniste

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