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Travailler et allaiter : est-ce possible ?

Mother breastfeeding her baby
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L’enquête Épiphane montre qu’en France 39 % des bébés sont encore allaités à 3 mois. À 6 mois, ce taux tombe à 25 %. La reprise du travail est-elle un frein au prolongement de l’allaitement ?

Que prévoit la loi ?

Il existe des dispositions particulières à l’allaitement aux articles L.1225-30 et R.1225-5 et suivants du Code du travail. Elles visent à permettre aux femmes de poursuivre l’allaitement malgré la reprise du travail. Ainsi, pendant une année à compter du jour de la naissance, la salariée allaitant son enfant dispose d’1 h par jour durant les heures de travail pour allaiter son enfant ou tirer son lait dans l’établissement. Sauf dispositions conventionnelles contraires, cette heure de pause n’est pas rémunérée. Cette dernière est répartie en deux périodes de 30 min, l’une pendant le travail du matin, l’autre l’après-midi. La salariée et l’employeur doivent convenir d’un horaire ensemble. À défaut d’accord, cette période de 30 min dédiée à l’allaitement est placée au milieu de chaque demi-journée de travail. Toutefois, la salariée ne disposera que de 20 min par jour s’il existe à l’intérieur ou à proximité des locaux affectés au travail, un local dédié à l’allaitement dont les caractéristiques ont été prévues par voies réglementaires. Ce local doit être :

séparé de tout local de travail ; 

aéré et muni de fenêtres donnant directement sur l’extérieur ;

pourvu d’un mode de renouvellement d’air continu ;

convenablement éclairé ;

situé à proximité d’un lavabo ou d’un point d’eau ;

équipé de sièges convenables pour l’allaitement ;

tenu en état constant de propreté, le nettoyage devant être quotidien et réalisé hors de la présence des enfants et maintenu à une température convenable ;

Tout employeur employant plus de 100 salariées peut être mis en demeure d’installer dans son établissement ou à proximité, des locaux dédiés à l’allaitement.

En pratique, qu’en est-il ? 

« La reprise du travail rime souvent avec la fin de l’allaitement. La plupart des femmes ne sont d’ailleurs pas suffisamment informées sur ce point », reconnaît Camille Leveque, sage-femme. « Selon moi, les dispositions prévues par la loi peuvent surtout permettre le prolongement d’un allaitement mixte, c’est-à-dire une alternance sein et biberon. » Pour celles qui souhaitent continuer l’allaitement exclusif, cela suppose que bébé soit gardé non loin du lieu de travail ou que quelqu’un puisse l’amener. Ce qui n’est pas évident. Certaines choisissent aussi de tirer leur lait au travail. Elles mixent entre allaitement quand elles sont avec leur bébé (le matin, le soir, la nuit, le week-end) et lait tiré. D’autres encore choisissent de reprendre le travail à temps partiel ou d’allonger le congé maternité d’une manière ou d’une autre (ajout de vacances, congé parental, congé pathologique, congé sans solde…).

Quels sont les freins ? 

La fatigue, le manque d’information et les risques d’engorgements (les seins deviennent gonflés, durs, douloureux, brillants avec rougeur). L’engorgement s’accompagne d’une sensation de « trop-plein » et parfois même d’un peu de fièvre. Comment l’éviter ? Il est le plus souvent lié à un nombre insuffisant de tétées ou à un sevrage trop brutal. Des petites astuces peuvent permettre de limiter les risques. Dès les premiers symptômes de tensions, tirer son lait ou allaiter, alterner les seins d’une tétée à l’autre, essayer de se détendre, et porter un soutien-gorge qui ne comprime pas les seins, pour éviter les problèmes circulatoires et une mauvaise répartition du lait dans la glande mammaire. En cas d’engorgement malgré ces précautions, le seul traitement efficace mais douloureux, c’est de permettre l’écoulement du lait par tous les moyens possibles (par une tétée, avec le tire-lait, par un massage aréolaire). Appliquer du chaud avant la tétée peut permettre de dilater les vaisseaux sanguins et rendre le sein moins douloureux. Entre les tétées, en revanche, on privilégiera le froid pour diminuer le gonflement (œdème) et soulager la douleur. Mais dans la plupart des cas, la sensation d’engorgement s’améliore au bout de 24 h et disparaît au bout de 48 h car, la nature étant bien faite, la production de lait s’adapte naturellement aux besoins de votre bébé. Si les symptômes persistent au-delà et s’accompagnent de fièvre, consulter immédiatement le médecin ou la sage-femme car cela peut être le signe d’une infection.

Trois mamans témoignent

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