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Maharaki, du surf au cinéma

Patience, détermination et surf. Tel est le leitmotiv de Maharaki. Jour après jour, étape après étape, la scénariste et réalisatrice martiniquaise accomplit son rêve de cinéma avec méthode et passion.

Aucune journée ne se ressemble. La réalisatrice du court métrage multiprimé Vivre et du documentaire Jocelyne, mi tchè mwen en a pris son parti : faire du cinéma s’inscrit dans un temps long et incertain aussi. Elle nous confirme que l’image romantique et populaire du réalisateur, casque sur les oreilles, regard concentré sur l’écran de contrôle, ou discutant avec ses comédiens d’une scène, un ton, un geste, ne fait pas partie du quotidien. « Actuellement, je travaille sur un court métrage qui devra être tourné en 2020, et j’avance sur le projet d’un long métrage que je porte depuis 6 ans ! » De quoi parfois se sentir découragée ? « Ça l’est de temps en temps, forcément, mais c’est transitoire. On doit garder l’objectif final en tête », assure-t-elle.

Au contact de la mer

Si les journées de la réalisatrice ne se déroulent pas toutes sur un plateau de cinéma, elles commencent en revanche systématiquement par un coup d’œil sur la météo des vagues. Maharaki est mordue de surf ! C’est son sport, son équilibre, son mode de vie même. « Ce matin, j’ai ma planche dans la voiture », sourit-elle. « C’est indispensable. Je vais à l’eau au moins une fois par semaine. » Ce qui lui plaît, c’est le mode de vie, le rapport à la nature, sentir la houle, le vent, la puissance des éléments, « un lien avec la mer qu’on ne pourra jamais vraiment expliquer ». Depuis 20 ans, son temps libre, ses vacances, sont forcément l’occasion d’aller à l’eau, en Martinique, à la Barbade où elle a réalisé des clips, des publicités, des reportages, « partout où les conditions s’y prêtent ». Bref, la passion est intacte. Rien n’a changé dans sa routine sportive si ce n’est une séance d’étirement et d’échauffement à laquelle elle s’applique systématiquement depuis 5 ou 6 ans. « Ça me permet de me concentrer sur mon corps, sur mon état, tout en prenant conscience des vagues en face de moi. » Chez Maharaki, le sport est une histoire familiale. Sa sœur, elle, a opté pour le kitesurf. Enfant, elle voyait son père « vivre football, manger football, dormir football », plaisante-t-elle. Sa maman n’est pas en reste. Joueuse de tennis, elle a également pratiqué la planche à voile, joué au golf, couru un marathon, et aujourd’hui nage en mer chaque matin. Le sport a toujours fait partie de son éducation. « Ça nous a appris le dépassement de soi et le respect de l’autre. On ne lâche pas », résume Maharaki.

Famille recomposée 

La leçon lui a bien servi. D’abord, pour se lancer dans des études de cinéma. « Je rêvais de ce monde-là, mais ça paraissait complètement fou », se souvient-elle. Elle a ainsi commencé par des études d’art avant de s’avancer dans le cinéma et d’intégrer l’École internationale de création audiovisuelle et de réalisation de Paris (Eicar). Depuis, la réalisatrice s’est fait un nom et un palmarès. 2011 est un premier tournant avec le court-métrage Vivre, sélectionné dans plus d’une cinquantaine de festivals, récompensé de 11 prix, présenté en conférence de presse au Marché du film de Cannes. Un rêve de gosse. De retour sur Terre, en Martinique, ses journées de travail se répartissent et s’organisent entre le bureau et sa maison de Schœlcher, où elle habite avec son compagnon et ses trois enfants. Les matins où elle travaille chez elle, tout commence par « un vrai bon petit-déjeuner ». Un brunch amélioré avec des œufs, de la salade, parfois du miel péi avec du pollen, des bananes, des noix, un smoothie fraises, banane, framboises ou kiwi… Adepte du bio ? Elle n’en fait pas une religion, mais privilégie, oui, « les petits producteurs, les amis des grands-parents qui ont un petit lopin de terre et vendent autour d’eux ». En revanche, pas de viande dans l’assiette de Maharaki. Elle n’en mange plus depuis 1998, date de la crise de la vache folle. « Cette histoire a déclenché quelque chose en moi. Comment a-t-on pu en arriver là, donner des farines animales, des farines de vaches, à des vaches ? Ça me dépasse encore quand j’y pense », explique-t-elle. Pas vraiment végétarienne, elle ne cherche pas à équilibrer les apports en protéines avec du soja, et elle mange toujours du poisson, bien que là aussi, le doute s’instille « sur la véritable qualité, l’origine, les conditions d’élevage… » Dans tous les cas, elle cuisine « tous les jours » pour elle et aussi pour les enfants de son compagnon, âgés de 13, 15 et 16 ans. « Il n’y a pas d’interdits à la maison. La règle est que chacun fait ce qu’il lui plaît. Il faut que tout le monde soit heureux quand on passe à table ! Ça donne des tables très variées avec des pâtes à la bolognaise pour l’un, du poisson pour l’autre, sourit-elle. Nous sommes tous très différents. C’est une famille recomposée avec beaucoup d’amour et de bienveillance. »

Bureau épuré 

Amour, bienveillance et aussi « propreté et rangement », pourrait ajouter celle qui assume être plutôt « du côté des maniaques ». « C’est absolument nécessaire pour que je puisse organiser ma pensée », sourit-elle. Devant elle, son ordinateur portable, au mur sur le côté et derrière elle, sont encadrées les affiches de Vivre et Jocelyne mi tchè mwen. Les scénarios imprimés qui s’empilaient sur la commode à l’entrée ont été envoyés la veille. La table est nette. Seul papier en vue, épinglée sur un paper board, une affiche de son prochain film, « une affiche de travail de la comédie romantique que je prépare », corrige-t-elle. Titre, noms des acteurs, tout y est déjà. « C’est un outil de travail, poursuit-elle, pour parler du film et lui donner déjà corps d’une certaine manière. » Accepter le temps long, que les projets s’étalent sur plusieurs années fait partie du job. « Et une fois que ça prend forme, et que dans la salle le public réagit, c’est extraordinaire ! L’entendre rire, c’est encore plus particulier, c’est tellement gratifiant. » C’est la puissance et la vertu du cinéma, où plein de petits éléments concourent à la réalisation d’une chose complexe. « Le cinéma c’est comme ça, ça génère beaucoup d’émotions, et quand ça marche, c’est magique. »

Plus d’infos 

www.maharaki.com

Par Jean Palom

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