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Comment les maladies se font-elles un nom ?

Le nom des maladies
Shutterstock

Certains renvoient aux symptômes de la maladie, à son lieu d’apparition géographique ou au médecin qui l’a découverte. Ils peuvent aussi être insolites, drôles ou stigmatisants. Petit tour d’horizon…

Comment les noms de maladies sont-ils donnés ? Par qui ? Avec quels critères ? Quels contrôles ? La question est légitime, tant leur variété est importante. Il arrive d’ailleurs qu’une maladie puisse être baptisée plusieurs fois au cours de son existence. Durant l’Antiquité, les maladies étaient surtout classées par symptômes (mal de tête…). Grâce aux progrès scientifiques, les signes anatomiques ou les lésions ont pu être associés à la dénomination d’une pathologie. C’est le cas de la tuberculose qui doit son nom aux tubercules qu’elle génère sur la peau.

Les chercheurs dénichaient souvent une étymologie gréco-latine si possible descriptive comme la fièvre typhoïde (du grec, tuphos, torpeur) ou la diphtérie (du grec diphtéria, membrane). Le suffixe « ite » provenant du grec, puis repris en latin, est utilisé pour former les termes médicaux désignant une inflammation : bronchite, pancréatite, cystite…

Aloïs Alzheimer

Le nom des maladies

Jusqu’au 17e siècle, le contexte historique pouvait également peser sur l’appellation d’une maladie comme pour l’épilepsie appelée « possession » en raison de l’influence religieuse très forte à l’époque. Au 20e siècle, le classement des maladies s’est affiné grâce notamment à l’avènement de la biologie moléculaire. À cette époque, plusieurs maladies ont naturellement porté le nom du ou des médecins qui les ont identifiées en premier. La maladie d’Alzheimer (1907) doit sa dénomination à Aloïs Alzheimer, psychiatre et neuropathologiste allemand. La maladie de Creutzfeldt-Jacob (1920) à deux neurologues allemands eux aussi, Hans Gerhard Creutzfeldt et Alfons Maria Jacob. Les lieux d’apparition géographique sont aussi souvent choisis comme le virus Ébola (du nom d’un cours d’eau du Congo) ou la maladie de Lyme (bourgade du Connecticut).

Choix hasardeux

Le nom des maladies

De nos jours, le découvreur choisit le nom de la maladie lorsqu’il publie une étude scientifique sur le sujet. Ce dernier peut être changé ou adopté lors de colloques internationaux ou de nombreux chercheurs sont rassemblés. Le nom définitif est attribué par la Classification internationale des maladies (CIM) gérée par l’OMS. Entre temps, les appellations, parfois douteuses, ont pu avoir des conséquences sur le commerce, les voyages, le tourisme et le bien-être des animaux. Pire, certaines ont pu offenser des « groupes culturels, sociaux, nationaux, régionaux professionnels et ethniques ».

Par exemple, le Sida, à sa découverte, a d’abord été identifié sous le nom de Gay Related Immune Deficiency, soit une immunodéficience liée à l’homosexualité. Pour y remédier, l’OMS a publié, en 2015, un guide pour mieux nommer les nouvelles maladies, adressé aux chercheurs, responsables de santé et journalistes. Les noms de personnes, de cultures, de lieux ou d’animaux sont désormais proscrits. Le but ? Ne pas stigmatiser ni brouiller la compréhension du public. La fièvre porcine, par exemple, ne se transmet pas par la viande de porc. Pourtant, certains pays ont interdit son importation après l’épidémie de 2009. La communauté sanitaire l’a finalement baptisée « grippe pandémique H1N1 2009 ».

L’OMS suggère donc de choisir des noms qui permettent de décrire les symptômes et leur sévérité, les patients, ou d’utiliser le nom de l’agent pathogène. Récemment, l’OMS a imposé le terme très neutre de « Covid-19 » pour qualifier le coronavirus de la dernière pandémie. Car dès janvier 2019, de nombreuses appellations stigmatisantes envahissaient les médias : « grippe chinoise », « virus de Wuhan », etc. En juin dernier, l’OMS a indiqué vouloir très bientôt changer le nom du virus de la variole du singe. À suivre…

Les références animalières ont la cote !

De nombreuses maladies, syndromes ou malformations sont associés à des termes animaliers : l’éléphantiasis caractérisé par un gonflement des membres inférieurs dont l’aspect ressemble à des pattes d’éléphant ; la variole du singe transmise à l’homme par des rongeurs sauvages ou des primates ; le syndrome de la queue-de-cheval survenant lors de la compression des racines nerveuses situées dans le bas du dos ; la maladie du cri du chat, trouble génétique rare, qui provoque des cris monochromatiques aigus caractéristiques. Aujourd’hui jugés incorrects, ces noms sont parfois remplacés, comme le bec-de-lièvre (déformation de la lèvre supérieure) auquel on préfère l’expression : fente labio-palatine.

Le nom des maladies

Les maladies de « chez nous »

Le zika (transmis par le moustique tigre). Le virus a été découvert en 1947 par des chercheurs qui travaillaient sur la fièvre jaune dans une petite forêt tropicale ougandaise : la forêt de Zika.

La dengue (transmise par le moustique tigre). Deux hypothèses existent concernant l’origine de son nom. Une provenance de l’espagnol « dengoso » qui signifie « guindé, maniéré », qui ferait référence à la démarche raide qu’ont les malades infectés. Le mot dengue pourrait aussi être originaire d’une expression africaine en langue swahili « ki denga pepo » qui signifie « crampe soudaine causée par un démon ».

Le chikungunya (transmis par le moustique tigre). La première épidémie remonte à 1952-53 en Tanzanie. Le mot chikungunya est utilisé dans la langue de l’ethnie présente Makonde. Il signifie « qui marche courbé en avant ».

Par Sarah Balay

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