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Sexe et diabète, un sujet tabou !

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Le diabète peut affecter la sexualité. Mais ces troubles ne sont pas irrémédiables. Des traitements existent, si les patients osent en parler.

« De plus en plus de jeunes patients souffrent de dysfonctionnement érectile », alerte le Dr Mohammed Fofana, urologue. Près d’1 diabétique sur 2 (41,2 %) souffrirait de troubles de l’érection, selon une étude nationale de l’Association française des diabétiques. « La probabilité d’avoir un dysfonctionnement érectile est 3 fois plus importante, surtout chez ceux qui ont un diabète depuis plus de 10 ans », appuie le Dr Fofana. Au fil du temps, le diabète abîme les grosses comme les petites artères. La qualité de la circulation sanguine diminue et le sang arrive moins bien au pénis. Le diabète peut aussi atteindre les nerfs (neuropathie). Ceux-ci conduisent difficilement l’influx nerveux dans la zone sexuelle. Ces troubles risquent de provoquer des problèmes d’érection, mais aussi une éjaculation « rétrograde » (au lieu de sortir par l’urètre, le sperme remonte dans la vessie). L’homme peut se sentir gêné par l’absence de sperme. Il aura plus de difficultés à atteindre l’orgasme*. Dans les deux cas, s’ajoute la sensation de ne plus être un « vrai » homme. Ces facteurs psychologiques entravent le désir sexuel. Moins on fait l’amour, moins on a de désir. Et, moins on a de désir, moins on fait l’amour.

Les traitements chez l’homme

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Si le trouble persiste, l’Association inter-hospitalo-universitaire de sexologie recommande, en premier lieu, d’équilibrer son diabète. Si ce simple contrôle ne règle pas le problème, « le médecin généraliste prescrit un traitement médicamenteux s’il n’existe aucune contre-indication », indique le Dr Fofana. En cas d’éjaculation rétrograde, un médicament qui renforce le tonus de la vessie peut se révéler efficace. « Si ce type de traitement ne fonctionne pas, le généraliste nous transfère le patient. Ce dernier remplit un questionnaire afin de diagnostiquer la sévérité des troubles. Car le dialogue reste primordial, même si nous recherchons d’éventuelles pathologies favorisant ou aggravant ces dysfonctionnements », détaille l’urologue. Des traitements locaux remplacent les traitements oraux : injection intraveineuse, pompe à érection (vacuum) ou prothèse (implant pénien). L’injection intraveineuse reste très efficace si le patient n’a pas peur des aiguilles. Son avantage ? Elle est remboursée à 100 %. Le vacuum est une autre solution qui fonctionne sur le principe de la ventouse, grâce à un anneau placé à la base du sexe. Enfin, s’il n’y a toujours pas de résultat, un implant pénien peut être mis en place par intervention chirurgicale.

Chez la femme

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« Il existe peu de publications et de recherches sur les dysfonctionnements sexuels chez les femmes diabétiques. Mais on sait qu’ils apparaissent 5 à 10 ans plus tôt, qu’ils sont plus fréquents et plus sévères », déplore Nathalie Dudoret, médecin sexologue au centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa) de Pointe-à-Pitre. Cependant, les rares études ont démontré que « le clitoris obéit au même procédé érectile que le pénis et ses complications », ajoute la spécialiste. L’atteinte des artères et des nerfs diminue le gonflement, cette fois dans la région génitale (le clitoris et les tissus sexuels autour du vagin), et favorise la sécheresse vaginale. Par manque de lubrification, la femme ressent des douleurs lors de la pénétration. Douleurs provoquées également par le développement d’infections par des champignons (candidose ou mycose) dus au sucre dans les urines et à la prise de traitements antibiotiques. « Je ne savais pas que mon diabète pouvait générer des infections urinaires », s’étonne Annie, 38 ans. Survient l’angoisse de ressentir de nouveau ces douleurs. Tout ceci peut aboutir à un blocage sexuel, pouvant mener à une véritable dépression, chez la femme comme chez l’homme.

Périnée et psychologie

Comme pour l’homme, il faut commencer par équilibrer le diabète le plus possible. Mis à part cette surveillance, le manque d’études rend les traitements pratiquement inexistants. Des médicaments, semblables à ceux des hommes, ont été testés, mais provoquent trop d’effets secondaires. Il n’existe pas encore d’étui clitoridien ou de pompe génitale ! Heureusement, les lubrifiants se révèlent très efficaces contre la sécheresse vaginale. La musculation du périnée peut contribuer à garder ou à restaurer une lubrification. « Les femmes ont beaucoup plus de mal à parler de leurs troubles sexuels. L’insuline, comme chez les hommes, agit telle une infraction dans leur sexualité », observe Nathalie Dudoret. Car la sexualité n’est pas une prestation technique, mais un échange qui inclut bien d’autres facteurs : imagination, érotisme, confiance, etc. L’approche psychologique permettra à la patiente de parler librement de sa sexualité avec un professionnel, afin que confiance et complicité remplacent culpabilité et frustration.

6 conseils préventifs

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Surveiller son poids et rester actif physiquement. Le surpoids est un facteur de risque très important des troubles sexuels en général.
Soigner son hypertension artérielle, un cholestérol trop élevé et arrêter de fumer.
Se protéger des maladies sexuellement transmissibles (risque d’infection).
Diminuer sa consommation d’alcool.
Réduire son stress, en pratiquant la relaxation, la méditation ou le massage.
Et pratiquer !

* Stacy Tessler Lindau et col, Sexuality Among Middle-Aged and Older Adults With Diagnosed and Undiagnosed Diabetes A national, population-based study, Diabetes Care, octobre 2010, vol 33, no 10.

(article paru en mars/avril 2015)

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