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Ostéopathe : quand la cheville dévisse !

Sports injury. African American runner sitting on jogging track and feeling pain in his ankle
Envato Elements

D’après la FFRandonnée (Fédération française de randonnée), 6 000 entorses de chevilles surviennent chaque jour en France ! 25 % d’entre elles concernent les sportifs. L’ostéopathe peut intervenir.

En marchant ou en pratiquant un sport, notre cheville peut se vriller. Parfois, elle peut craquer, créer une vive douleur au point de devoir s’arrêter un instant pour reprendre, ou même tout stopper net. Elle peut être de plus ou moins grande ampleur et nous rendre la vie dure, si elle est mal prise en charge dès le départ.

Qu’est-ce qu’une entorse de cheville ?

L’entorse est une élongation ou un arrachement des ligaments suite à un mouvement brutal. On assimile souvent l’« entorse » à quelque chose de grave. Les bénignes sont les plus fréquentes. Concernant votre cheville, elle vrille vers l’intérieur, et ce sont ses ligaments situés à l’extérieur qui sont étirés et fragilisés. Ils peuvent se rompre dans les cas graves. Les os de cette articulation vont suivre ce mouvement mais les muscles externes, dits fibulaires ou péroniers, auront le réflexe de ramener la cheville vers l’extérieur. À ce moment-là, vous reposez le pied à plat sur le sol et découvrez la douleur.

Que faire si ça m’arrive ?

Appliquer une règle simple : le protocole « GREC » :

  • Glaçage. Mettre de la glace sur l’articulation 10 min, 4 fois par jour. Si vous n’avez pas de glace, vous pouvez trouver en pharmacie des packs réfrigérants.
  • Repos, mais pas immobilisation complète ! Dans les cas bénins, il est possible de la mobiliser à la limite de la douleur.
  • Élévation. Elle permet de réduire le gonflement et la douleur. Il suffit de positionner son membre inférieur en déclive.
  • Contention. Mettre une attelle ou un strap, par exemple.

Que peut faire l’ostéopathe ? 

L’ostéopathe évaluera d’abord s’il peut y mettre les mains ou non. Il jugera si l’ampleur du problème est bien de son ressort. Des tests spécifiques seront employés comme le signe de l’allumette ou le diapason, par exemple. Ces deux tests sont peu connus. Si l’on déplace le bout de l’allumette sur l’os supposé cassé et que cela déclenche une douleur vive, alors il y a suspicion de fracture ou fissure. 

Si l’on appose le diapason vibrant sur la zone suspecte et qu’il y a une forte douleur, ce sera le même résultat. On peut ajouter une écoute au stéthoscope afin d’évaluer la transmission sonore dans l’os. S’il y a atteinte osseuse, elle sera diminuée ou abolie. Il pourrait être nécessaire de vous renvoyer vers un médecin ou demander une imagerie. 

Le corps est bien fait mais a aussi ses limites. Le talus est un os de la cheville qui ne possède pas d’insertions musculaires ou ligamentaires. Souvent, il ne peut suivre le mouvement réflexe externe causé par les fibulaires. Il reste alors coincé dans le sens de la lésion, vers l’intérieur. Les autres os constituant la cheville, ou même le pied, subissent aussi des déplacements. Par exemple, la partie basse du tibia peut s’avancer légèrement ainsi que la malléole externe (partie basse du péroné). Il n’y a pas de règle pure. Selon l’entorse, le praticien trouvera des blocages différents !

Il emploiera des techniques aidant à la décongestion de la zone et à une meilleure mobilité. Les techniques d’un praticien à l’autre peuvent varier. Elles seront ni invasives ni dangereuses. La séance ne sera pas forcément agréable sur le moment mais aidera à un soulagement dans les jours à venir. Une fois de bons appuis retrouvés, la récupération sera plus facile et les récidives diminuées. 

Et chez l’enfant ?

Il faut être d’autant plus vigilant ! Ses os ne sont pas totalement ossifiés et sont plus vulnérables. Dans le cadre de la cheville, l’enfant ne présentera pas toujours un œdème mais souvent une douleur à l’appui. À la palpation, la malléole externe est souvent très sensible. Il ne faut pas hésiter à consulter un médecin pour qu’il prescrive une radiographie, voire une échographie. Attention, la radio n’est pas toujours révélatrice !

Certaines entorses chez l’enfant sont des fractures cachées. Dans ces cas, la zone sera immobilisée et suivie en kinésithérapie pour une bonne reprise. 

L’ostéopathe pourra investiguer cela en complément après consolidation. Le tout permettra une bonne récupération et sans séquelles.

  Pauline Royer  

Ostéopathe

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