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La pollution fait grossir !

La pollution fait grossir !
Shutterstock

L’obésité est un problème grave de santé publique. En cause, la sédentarité, l’excès de sucre et de gras, la génétique (10 % des obésités). Une autre piste est également à l’étude : notre environnement lui-même !

Le monde est de plus en plus pollué et notre alimentation aussi. On a bien identifié les polluants comme le tabac, les vapeurs diesel, les rayonnements RX ou gamma (Fukushima) et leurs conséquences sur les cancers. Mais jusqu’ici, on n’avait aucune preuve de l’action des polluants sur l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires ou l’autisme. Ce pas vient d’être franchi grâce à l’épigénétisme qui détermine comment notre environnement peut modifier l’expression de nos gènes !

L’épigénétisme, c’est quoi ?

Pour qu’un gène s’exprime, il faut qu’il soit lu. Or, les mécanismes de lecture des gènes sont influencés par l’environnement. Certains polluants peuvent donc modifier l’expression de nos gènes. Et nous faire grossir ! C’est le cas des perturbateurs endocriniens (PE). Ils empêchent la lecture normale de l’ADN et créent des distorsions ou des mutations. Les problèmes se déclenchent avec des quantités infimes par effet d’accumulation des doses. Et même quand les taux retrouvés dans le sang sont acceptables, il existe un « effet cocktail ». C’est-à-dire l’effet conjugué de plusieurs PE. Ces PE activent l’entrée de la graisse dans les cellules et augmentent le nombre de cellules graisseuses !

Où les trouve-t-on ?

Le premier découvert est le tributylétain. On le trouve dans les peintures anti-mousses pour bateaux. Cette substance s’est répandue dans l’eau et a contaminé des petits poissons qui en ont contaminé de plus gros que l’homme a mangés. Il a donc été interdit en 1981, mais on en trouve encore des traces dans les analyses d’urine humaine. Depuis, la liste des polluants s’est allongée. On peut les classer en 4 catégories.

- Les pollueurs de l’air et les dérivés du pétrole

Les perturbateurs endocriniens qui agissent le plus sur l’obésité sont des HAP dérivés du benzène. Ce sont des composés volatils issus de l’essence et surtout du diesel que vous respirez quand vous roulez en voiture ou quand vous habitez près d’une station essence, d’une grande route ou d’un aéroport. On en retrouve dans les urines des enfants obèses. Respirer ces vapeurs fait grossir. 

Colorful macarons cakes. sweet food

- Les additifs, colorants et arômes de l’alimentation

Les additifs, dont le BHA ou E320, les colorants, outre leur possibilité d’allergie ou de cancers et les exhausteurs de goût, modifient vos hormones. Le glutamate de sodium qu’on retrouve partout augmente l’appétit. À bannir absolument.

- Les emballages alimentaires longue durée et le mode de cuisson

Le bisphénol A ou BPA se trouve dans les plastiques. Une directive européenne l’a fait interdire en 2010 dans la composition des biberons plastiques. Mais la France ne l’a appliquée qu’à partir de 2014 et les industriels l’ont remplacé par le bisphénol S ou F dont les études d’innocuité ne sont pas encore sorties… Si le BPA est au contact des aliments, il diffuse à l’intérieur de ceux-ci. C’est cette pellicule blanche qui empêche la rouille à l’intérieur des canettes. On le trouve aussi dans les emballages de pop-corn, les glaces en boîtes, les couvercles métalliques et les plats préparés.

Si vous chauffez ces plats au micro-onde, la chaleur fait pénétrer les substances dans l’aliment. Sans parler du petit électroménager en plastique ! Blender, cuisson vapeur et autres. Surtout si vous y mettez des aliments chauds ou les faites chauffer dedans. L’interdiction de l’utilisation du BPA dans les conserves a enfin été votée en 2015 mais ne concerne pas les stocks en cours. Donc, prudence jusqu’en 2020 (date de la DLUO) ! Et aucune directive n’a été appliquée aux équipements industriels de fabrication…

Sans compter la pollution par le plastique de l’eau distribuée dans les fontaines en polycarbonate à disposition dans les lieux publics. Ni les phtalates retrouvés dans les films alimentaires qui imprègnent les aliments emballés. Et si en plus vous les mettez à réchauffer au micro-onde, vous augmentez le risque.

- Les pesticides contenus dans l’alimentation.

fermier pesticide

Les principaux polluants PE sont les pesticides et les engrais qui restent sur la peau des fruits et légumes, et augmentés par le nombre de traitements après récolte. 62 % des fruits, 37 % des céréales et 30 % des légumes sont contaminés. Le fruit qui en reçoit le plus est la pomme avec 36 traitements en moyenne. Pour ne pas se faire épingler, certains agriculteurs jouent avec les doses en alternant les pesticides. Ils sont donc dans la norme, mais « l’effet cocktail » sera présent sur l’organisme humain. Donc, épluchez vos pommes !

Sans parler des poissons, des œufs ou de la viande où l’on retrouve du PCB (biphénilpolychloré), produit lubrifiant des pompes, turbines, radiateurs électriques. Il est aussi présent dans certaines peintures et adhésifs qui ont été relâchés dans la nature. Ou bien la dioxine issue des incinérateurs de déchets qui retombe sur les prairies et passe dans le corps des animaux que l’on mange. On en a découvert dans le lait maternel !

Que faire ?

La bonne nouvelle, c’est que les modifications épigénétiques sont réversibles. Si nous prenons la précaution de limiter leurs responsables dans notre alimentation, l’obésité ainsi déclenchée sera réversible. Quelques mesures simples peuvent limiter l’exposition.

– D’abord, mangez le plus possible de produits frais ou surgelés et de saison, appartenant au label Bio qui évite les engrais de synthèse, les OGM et les pesticides. En Guadeloupe, l’association Amap, qui vient de se créer, respecte cette charte.

Évitez les plats préparés et les pizzas à réchauffer au micro-onde.

Bannissez les canettes et les conserves en boîtes. Choisissez les emballages en verre. Pour l’eau en bouteille, préférez un filtre à mettre sur votre robinet. Pour les biberons, préférez le verre ou l’inox !

– Réduisez la restauration rapide grasse qui est servie dans des emballages traités et réchauffés. Lisez les emballages et évitez le sigle PVC (polychlorure de vinyle) dans le triangle de recyclage ou bien les chiffres 7 ou 3.

– Et surtout, changez votre batterie de cuisine en préférant le verre pyrex, l’inox, la fonte émaillée, la céramique ou le grès, les cuillères en bois ou en acier inoxydable.

Bannissez les poêles en téflon (c’est du plastique !) qui contiennent du PFC ou composé perfluoré et les cuillères en plastique qu’on laisse chauffer dans la préparation.

Par le Dr Lucile Thibaud, médecin généraliste

(paru en janv-fév 2017)

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